Une nouvelle crise de tachycardie lundi soir pour Anatole et un petit cœur qui atteint des records avec un pouls à 260 (c’est plus de 2x ce qu’il devrait battre). Frayeur et stress mieux gérés, l’important c’est que nous arrivons à déceler les symptômes assez bien maintenant : vomissements, changement de comportement et une petite cage thoracique qui frétille littéralement. Le docteur de SOS médecins n’était pas encore arrivé à la maison que j’avais préparé la valise pour une semaine et sans rien oublier ! Mieux qu’un départ en vacances. 

Même qu’on a eu droit à un petit tour en ambulance avec le pinpon, une bande de gentils arnaqueurs et tout et tout. Même en crise, Anatole est bien conscient, surtout cette fois ci. Alors même s’il n’avait pas trop envie de rigoler, il a un peu halluciné.

Et aux urgences, comme la dernière fois, rien a marché, donc hospitalisation au service cardiologie. Il est 3h, on monte dans une chambre. Traitement administré qui fonctionne, un dernier vomi par terre et mon petit Anatole qui tombe de sommeil comme une masse.

Est ce que c’est parce que j’avais moins peur, que j’étais plus familière avec le protocole, qu’Anatole a été plus courageux, que la journée m’a paru moins longue ? Je ne vais pas dire que nous avons passé une bonne journée. Mais nous l’avons mieux tolérée, surtout lui. Déjà il a été branché que jusqu’à 17h, puis il a pu sortir de sa chambre et rencontrer une fameuse blouse rose. Ces bénévoles qui passent du temps dans les services hospitaliers des enfants pour les distraire un peu. Cette fois ci nous étions dans les nouveaux bâtiments de Necker, avec des chambres plus spacieuses, mieux aérées, des espaces de vies plus sympas. Mine de rien, ça a joué aussi à rendre le petit séjour plus agréable. On a même vu la tour peinte par Keith Haring, celle qui a failli être détruite pendant les travaux.

Et puis le rythmologue est passé le soir vers 20h30 nous dire que pour le moment Anatole ne reprendrait pas son traitement lourd arrêté au mois de décembre. Tant que les crises n’étaient pas régulières, il valait mieux le surveiller. Le seul danger est de ne pas s’apercevoir qu’il est en crise et qu’il ne soit pas traité rapidement. En même temps on est rôdé, et les symptômes facilement reconnaissables. On pouvait donc tout de suite rentrer. Mais comme il était tard, on pouvait passer une nuit de plus à l’hôpital. Ahahah, la bonne blague ! En 3min top chrono, la valise était faite, j’ai pris Anatole en pyjama et chaussons, sauté dans un taxi. Et nous sommes rentrés.

Je vous raconte ce petit épisode sur un ton léger. Mais en même temps, c’est ainsi, on va devoir vivre avec. Alors pas question d’être flippé en permanence. L’important c’est d’être fort pendant les crises pour rassurer Anatole. L’accompagner, lui parler sans montrer son stress pour que les soins se passent le mieux possible. Ah et avoir un flacon à bulles ça marche bien aussi !