Depuis le mois d’avril et jusqu’au 29 septembre, la Fondation Cartier accueille une dizaine d’œuvres de l’artiste Ron Mueck. Ses expositions sont assez rares, alors quand on à la chance de pouvoir découvrir son travail en vrai, on fonce.

L’artiste présente des sculptures au réalisme saisissant. Travaillant avec des matières qui suggèrent à la perfection le velouté et la souplesse de la peau. Un travail minutieux et long, entièrement réalisé à la main, laissant apparaitre pores, poils, rides, tâches de vieillesse sur des sujets parfois très grands. Alors quand j’entends autour de moi : « j’étais un peu déçu qu’il y ait si peu d’œuvres. » Grrrrrrr!!!

Et surtout quelles œuvres ! Corps nus confrontés aux regards, à la rudesse d’une matière, moments d’intimités dévoilés, sorties d’un rêve, parfois attendrissantes, mystérieuses, étranges, elles sont toutes touchantes et nous renvoient indirectement à nos souvenirs mélancoliques.

Nous y avons amené Anatole. Découvrir les œuvres de Ron Mueck à un âge où on n’a pas d’à priori sur la nudité et se retrouver face à des figures gigantesques à l’aspect si réel, a été fascinant pour lui. Elles ont suscité un vrai questionnement, une attention particulière devant tant d’étrangeté et surtout beaucoup d’amusement.

On y découvre également le film Still Life de Gautier Deblonde, qui a filmé Ron Mueck dans son atelier londonien en train de réaliser plusieurs œuvres présentes à l’exposition. Un film silencieux qui montre la patience, les gestes méticuleux, le travail classique du sculpteur dans l’argile, du peintre réaliste sur son support, jusqu’à l’assemblage final des œuvres résolument modernes.

Attention à la file d’attente (jusqu’à 2h). Mieux vaut venir en semaine si vous venez avec vos enfants. Pour eux, vous pouvez aussi repartir avec le cahier de coloriage édité spécialement pour l’exposition, pour les aider à mieux comprendre les œuvres. Ou du moins à se poser certaines questions face à elles.