Nous sommes un peu déboussolés ces jours-ci. Anatole a été bien malade et passe une semaine à l’hôpital Necker.
C’est la crèche qui m’appelle lundi midi pour me dire qu’Anatole respire mal et qu’il faudrait venir le chercher pour le faire consulter. Comme il a les bronches un peu prises ces derniers temps, je ne m’inquiète pas trop. Surtout que je l’ai déposé le matin en pleine forme et que la crèche nous appelle au moindre bobo en temps normal.
15h30 : bon, son père a du le récupérer, ils doivent être sortis de chez le pédiatre et sont surement au parc.
« Allo, allo. Alors qu’est ce qu’il a dit le médecin ?
– Je n’ai pas eu le temps de t’appeler, on est aux urgences de l’hôpital Necker. Il faut que tu viennes tout de suite. » 
C’est le « tout de suite » qui fait flipper. Ah oui, et peut-être aussi le « ils n’arrivent pas à faire baisser son rythme cardiaque ».
J’ai à peine 30 min de trajet depuis le bureau. Mon cerveau en profite pour me rendre dingue. Je n’ose plus appeler Guillaume. Je n’ai qu’une hâte, arriver très vite.
Sur place, je retrouve mon tout petit en couche sur un lit, des électrodes partout sur le corps qui le relie à une machine. Il est entouré d’une cardiologue qui lui fait une écho du cœur et de 2 infirmières qui essayent de lui prélever du sang. Il a les yeux fermés et respire bruyamment dans un masque à oxygène. Autant vous dire que je ne m’attends pas à tout ça. J’ai les jambes coupées.
« Madame, vous comprenez ce qui se passe ? »
Ah non, moi pas comprendre, complètement larguée. On me rassure alors en me disant que son cœur est normal, mais sa fréquence cardiaque est très élevée. Comme rien n’a marché jusqu’à présent pour la faire baisser, ils vont lui administrer un traitement et il sera hospitalisé toute la semaine.
Ils en profitent pour nous faire une bonne blague : alors que nous ne sommes plus que tous les 3 dans la chambre, la machine se met à biper. Une infirmière rentre, ressort en appelant de l’aide. Anatole n’a pas bronché pourtant. Mais une armée de blouses blanches se précipite dans la chambre. Panique totale pour nous ! Mais finalement, non, la machine était mal réglée…
2 jours plus tard, Anatole accepte bien le traitement, son rythme est presque normal et il s’agite lorsqu’il me voit ouvrir un paquet de gâteaux. Ca va beaucoup mieux ! Ce qui est difficile c’est de le voir pointer la porte de sa chambre en me questionnant :
« Là ? Là ? »
Comment expliquer à un bébé de 13 mois qu’il ne peut pas quitter son lit parce qu’il est encore relié à une machine et que ça va durer plusieurs jours.
De notre côté, nous sommes un peu fatigués, mais remis de l’émotion des premières heures. Nous nous relayons avec Guillaume pour dormir au près d’Anatole. Et les nuits sont un peu hachées :
« Mais p….., il va pas la fermer celui-là ? »
Ah oui merde, je ne suis pas à la maison mais à l’hôpital. Ce n’est pas les voisins du 3ème et leurs gamins complètement dingues qui hurlent, mais les autres petits pensionnaires des soins intensifs qui pleurent. Et là, on se dit que nous avons quand même beaucoup de chance qu’Anatole aille mieux et que ça ne soit pas plus grave.

Vivement lundi pour se retrouver enfin tous les trois à la maison.