antole

– Tu t’amuses bien ?  – Je ne m’amuse pas ! Je travaille !

Les vacances sont finies pour nous. Retour à Paris. Anatole, lui, est resté chez ses grands-parents encore 1 mois. Nous avons été le retrouver 2 jours à l’île d’Oleron pour lui dire au revoir. Il était très excité de partir avec ses cousins. Il n’avait pas hésité une seconde. « Tu sais on ne va pas se voir pendant très très longtemps ! Ça ne te fait rien? – Oh non non ! ». Et au moment de se quitter, c’est à peine s’il nous a dit au revoir ! Et encore, nous avons dû insister pour avoir un bisou. Je lui ai même laissé une chance pour rentrer avec nous. Mais il n’aurait échangé sa place pour rien au monde.

Il est comme ça mon petit garçon, il est indépendant. Il n’a jamais été collé à nos basques. Toutes les étapes vers l’autonomie se sont passées plutôt rapidement. Je lui fais énormément confiance. Il grimpe, il saute, il me dit « mais oui maman je sais ! » quand je lui dit que ce jeu ci, cette branche là est trop dangereuse pour lui. Il dose, il est prudent, il recommence depuis le début. Jamais il n’abandonne.  Et malheur à moi si je tente de l’aider. Il veut y arriver seul : dans un parcours au parc, à couper sa viande, à boutonner son pantalon…

Tous les enfants aiment sentir qu’on leur fait confiance, que nous les considérons comme des grands en devenir. Anatole aime sentir que nous sommes du même côté : qu’il n’y a pas les grands d’un côté et les petits de l’autre. C’est important pour lui, il n’aime pas être materné.

Et attention ! Jamais au grand jamais on ne doit le lui faire remarquer, le féliciter pour une nouvelle « prouesse ». Il peut se mettre à pleurer, en colère. Il a l’impression qu’on se moque de lui. Nous, les adultes, nous y arrivons tous les jours, alors rien ne vaut des « waou !!!! », des « bravos » etc… Il ne veut pas qu’on remarque qu’il devient grand. Il veut juste être GRAND. Comme si c’était naturel, qu’il avait toujours su le faire. Vous voyez ? Alors je suis fière quand même. Mais j’essaye d’être plus modérée.

Parfois c’est plus fort que lui, il nous appelle pour nous montrer une construction, un dessin. Il transpire de fierté, mais si vous voyiez avec quel sérieux il nous en parle… Ce petit bout de garçon tout en retenu.

Au moins, c’est vrai, nous l’avons quitté souriant, faisant des grands signes au portail. Les séparations étaient bien plus simples ! Bonnes vacances Anatole !